La paroisse du Noyer existait dès le XIIe siècle et faisait partie du diocèse de Gap. En 1510 le vocable de l’église était Notre-Dame et Sainte Agathe.  En 1708 le Seigneur de Poligny était jus-patron d’une chapelle fondée quelques années auparavant, sous le titre de Notre dame, au hameau des Evarras. Dans l’église paroissiale était alors une autre chapelle dédiée à Saint Claude. L’évêque de gap était collateur de cette cure et principal décimateur de cette paroisse qui dépendait de l’archiprêtré du Champsaur. Le Noyer appartenait, par moitié, à l’évêque de Gap et au Dauphin qui vendit sa part à Lesdiguières le 28 juin 1593, elle fut donc comprise en 1611, dans le duché de Lesdiguières lors de sa création. (extrait du Tableau historique des Hautes Alpes Joseph Roman)

En 1789, et durant la période révolutionnaire, la situation économique et sociale n’était pas bien brillante pour les 619 citoyens du Noyer. Elle n’avait ni médecin, ni chirurgien. On a recours à celui de Saint Bonnet distant d'une lieue et demi- (une lieue correspond à peu près à 3,5 à 4 km). Les habitations sont couvertes de chaume. Les fabriques de tuiles ou les carrières d’ardoises sont trop éloignées. Les récoltes principales sont le seigle et les fourrages ; peu de froment et quelques grains printaniers, comme orge, épeautre, avoine, lentilles et alliers, mais les fonds ne produisent en grain qu’une année et l’autre non. Il y a fort peu d’arbres fruitiers, et encore le fruit ne venant pas à maturité, ne peut se vendre. La nourriture est de pain de seigle. Les pauvres y mêlent des pommes de terre, de l’orge et de l’épeautre. Les soupes des pausons sont de « grus » d’orge ou d’épeautre, avec du jardinage mêlé avec des « truffes » (pommes de terre). Les animaux, n’ont pas un meilleur sort que les hommes. Nombreux sont ceux qui meurent par manque de sel…peu de paysans ont les moyens de leur en donner tellement le sel est couteux.

Voilà donc une situation difficile pour les habitants du Noyer et de la campagne environnante, à cela s’ajoute les mauvais chemins qui ne permettent pas de faire passer les charrettes et rendent le commerce extrêmement difficile, les torrents qui dévastent les prairies et les forêts ont été surexploitées. De plus tous ces paysans sont écrasés d’impôts. Bref ils ont tout juste de quoi survivre, la pauvreté règne récurrente et pesante sur toutes les familles.

Le col du Noyer

La route du Col a été construite en 1850 transformant le sentier muletier qui était autrefois l’un des accès au Dévoluy le plus usité. Elle passe entre le Pic Ponsin et la Tête du Tourneau à une altitude de 1 664 m. Première route d'accès au Dévoluy, elle contribua aux contacts privilégiés de cette vallée très enclavée avec le Champsaur. Elle était également empruntée pour se rendre à Gap.

Au sommet du Col du Noyer (1664 m) se trouve l'un des 6 refuges Napoléon. Edifié grâce à un legs de 50000 Francs de Napoléon1er au département des Hautes-Alpes. Le refuge du Col du Noyer a été inauguré en 1858. Il fut détruit par un incendie en 1947, il ne fut pas reconstruit à l’identique.

Des produits de toutes sortes, ravitaillant le Dévoluy, transitaient par cette route tout au long de l'année. L'hiver, les conditions étaient particulièrement difficiles avec une bise glaciale et la neige très abondante. Jusqu'en 1900, des hommes faisaient l'aller-retour à pied quotidiennement entre St Bonnet et St Etienne, (environ 50 km) acheminant courrier, marchandises, argent, commissions orales. Ils servaient aussi souvent de guides. Avec l'ouverture de la route, beaucoup moins rude, du col du Festre, à la fin du XIXe siècle, l'utilisation du col du Noyer tomba peu à peu en désuétude.

Photos de la page X archives

 

Article de Claudette Roux Laurent dans Mémoire du Champsaur blog à decouvrir ci -dessous

 

   

 

Les refuges Napoléon

Précis historique de Jean-Pierre Jaubert

2015-01-21

affiche Napoélon-1.pdf (2,8 MB)

Napoléon Ier, à Sainte-Hélène, écrit dans son testament : Je lègue mon domaine privé, moitié aux officiers et soldats qui restent de l'armée française, qui ont combattu depuis 1792 à 1815 pour la gloire et l'indépendance de la nation ; la répartition en sera faite au prorata des appointements d'activité ; moitié aux villes et campagnes d'Alsace, de Lorraine, de Franche-Comté, de Bourgogne, de l'Ile-de-France, de Champagne, Forez, Dauphiné qui auraient souffert par l'une ou l'autre invasion.

Cette disposition testamentaire ne fut exécutée que 34 ans après sa mort suite au décret du 5 août 1854 où  Napoléon III chargea une commission d’interpréter le testament et de répartir les fonds disponibles. 26 départements reçurent chacun 50 000 francs dont les Hautes-Alpes, la Drôme et l’Isère pour le Dauphiné.

Cette commission émit le vœu que la somme soit consacrée  à une institution durable de bienfaisance qui perpétue au cœur des populations le religieux souvenir dont Napoléon I er les a honorés.

Consulté, le conseil général des Hautes-Alpes, proposa que la somme de 50 000 francs soit provisoirement placée en rentes sur l’Etat et le revenue employé  en bourses ou demi-bourses, en faveur d’aveugles et de sourds-muets pauvres du département.

Aucune demande de bourse ne fut fait pour de jeunes aveugles. Huit sourds-muets seulement furent placés dans un établissement. Ainsi le legs de Napoléon ne put être qu’en partie attribué qu’en 1856.

Le préfet  des Hautes-Alpes Alexandre Lepeintre suggéra une nouvelle affectation au legs de l’Empereur. Il écrit dans son rapport au Conseil général  en 1856 : Il s’agirait d’établir, à l’instar de l’hospice du Montgenèvre, sur les principaux cols du département, déjà ouverts par des chemins vicinaux, des refuges où trouveraient un abri tutélaire les malheureux surpris par la tourmente, ou arrêtés par les avalanches.[…] Ces maisons de secours s’appeleraient du nom de leur auteur. Au-dessus de la porte une plaque en marbre porterait l’inscription suivante :

Refuge Napoléon

Legs de l’Empereur Napoléon Ier

Napoléon III Empereur

Le conseil général approuva cette proposition. Huit refuges étaient prévus, mais les cinquante mille francs du legs ne permirent la construction que de six  au col d’Izoard, au col Lacroix, au col Agnel, au col de Vars,  au col du Noyer et au col de Manse.

Monsieur Houiller, ingénieur des Ponts et Chaussées, fut chargé de dresser les plans et devis de ces refuges édifiés sur un modèle unique.

Commencées en 1857, les constructions furent terminées en 1858. Les dépenses dépassèrent largement le montant du legs.

4 refuges existent toujours : Izoard, Vars, Noyer (reconstruit après l’incendie qui a eu lieu entre le 7 décembre et le 13 décembre 1948 selon le rapport de gendarmerie) et Manse.